F.Francesco Caccamese

J’ai un boulot prenant et, parfois, c'est difficile de faire du sport. Pourtant, j'aime ça. J'essaie de jouer au basket et de faire du jogging quand je peux. Il y a quelque temps, j’ai installé l'application (sacrément utile) Nike Run Club. À mi-parcours de la course de référence, une sympathique voix féminine m’annonce : « Il n'y a pas de ligne d'arrivée, juste une ligne de départ ». Une ligne de conduite que suit Nike depuis des années… et avouons-le, c’est tout à fait approprié. En plein milieu d'une course, vous commencez peut-être à flancher et la voix vous dit de ne pas vous préoccuper des moyennes, des scores ou de vous comparer aux athlètes professionnels. Continuez à courir, continuez à courir, … L’important, c’est le long terme, améliorer votre condition, sans vous inquiéter de votre temps ou de celui des autres.

Nike utilise le concept de la ligne partout : dans ses campagnes, dans ses applications de running, mais aussi – comme tant de marques à succès – dans sa façon de travailler. Ce géant du sport continue d'innover en matière de produits, teste en permanence des matériaux innovants, peaufine ses processus internes, optimise les flux et crée l'événement en collaboration avec des agences. Bref, l'amélioration continue est au cœur de toute l'organisation.

Ready player one.

Le prochain livre de Simon Sinek s’intitule ‘The Infinite Game’. L’idée est, à mon avis, parfaitement en phase avec notre époque. Le livre commente différents modes de fonctionnement en s'inspirant de la théorie des jeux*. Il met en scène des ‘finite players’ obnubilés par les bilans, les pourcentages de profit et la concurrence. Ils doivent battre les ‘infinite players’ avides d'optimisation des processus, de relations à long terme avec leurs partenaires et leurs propres collaborateurs, et qui ne tiennent pas compte de ce que font les autres.

Une anecdote rapportée par Sinek m’a enthousiasmé : un jour, il a partagé sa voiture avec un cadre d'Apple, à l’époque du Zune de Microsoft (il y a longtemps de cela, à l’époque où l'iPod classique était une nouveauté). Sinek lui a fait remarquer que ce produit avait fait mieux que l'iPod de différentes manières. Ce à quoi le cadre d'Apple répondit en haussant les épaules : « Je vous crois totalement », sans plus. Un peu froid, le gars ? La vérité était que ce cadre d'Apple se souciait de la dernière invention de Microsoft comme de sa première chemise, même si elle avait surpassé l’iPod... Pendant ce temps, Apple travaillait sur l'iPhone....

La morale de l'histoire ?

Nous aimons tous faire ‘mieux’ que les autres. Une étude a posé la question suivante : préférez-vous posséder une maison de 400.000 € dans une rue où le prix de toutes les autres maisons est d’environ 100.000 € ou une maison de 1 million € dans une rue où la valeur immobilière moyenne est de 4 millions €. La plupart des personnes interrogées ont opté pour l'option 1... La ‘gagne’ est enracinée en nous, mais ne porte pas nécessairement ses fruits. Il y a près de 45 ans, les Américains ont quitté le Vietnam sans gloire parce qu'il leur était impossible de revendiquer une quelconque victoire. Les Vietnamiens ont combattu dans une logique de guerre ‘infinie’ : ils n'étaient pas limités par une règle stipulant qu’après un certain nombre de défaites vous êtes perdant. Ils ont continué à se battre, quoi qu’il en soit.

Let’s play the infinite game.

En affaires, lorsqu'un joueur ‘fini’ se mesure à un autre joueur ‘fini’, cela ne pose aucun problème. On se contente de faire le compte des points affichés au tableau et on observe qui abandonne en premier. Par contre, si l’adversaire est du type ‘infini’, le problème se pose tout à fait autrement. Il joue d’après ses propres règles, il n'abandonne jamais. Il ne s’intéresse pas à votre entreprise, il n’est concerné que par lui-même et cherche à s'améliorer continuellement. Les ennuis de MySpace n'ont rien à voir avec son concurrent prévu - Friendster. Le problème de MySpace, ce fut Facebook et les réseaux sociaux. Mark Zuckerberg joue un autre jeu : il cherche à s'améliorer en permanence. Il joue clairement un jeu infini.

Se mettre dans la peau d’un joueur ‘infini’ peut être bénéfique pour votre entreprise. Optimiser en fonction d'une vision, d'une culture et d'une croyance profonde liée à la raison d’être de votre organisation. À long terme, c'est la mort de tous les concurrents qui ne font pas cet exercice. Cela signifie également que cette vision doit être communiquée à tous de la meilleure façon possible. Tous comptes faits, ce sont vos propres collaborateurs qui doivent être à la hauteur de ce jeu infini, évoluant dans une organisation animée par l'amélioration personnelle. Ce n’est pas une bataille qui se gagne de trimestre en trimestre, mais l’important est qu’ils ne cessent jamais de jouer, peu importent les circonstances.

* Source : les extraits déjà visibles/audibles/lisibles du nouveau livre de Simon Sinek “The Infinite Game”.

Francesco Caccamese
Senior consultant

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