J.Jan Van der Cruysse

Du point de vue de l'électeur, c'est facile : dans l'isoloir, vous cochez en rouge les petites cases que vous voulez ou vous les cliquez sur l'écran, ensuite vous allez prendre l'apéro et puis dîner et avant d'en être arrivé au café, vous découvrez en temps réel les premiers résultats électoraux au cours des inévitables shows télévisés sur le sujet. Ce qui se passe dans les coulisses pour, et dans les règles de l'art – c’est-à-dire avec le secret du vote, un traitement de données parfait et sans erreurs, la sécurité informatique et la contrôlabilité – convertir cette case cochée en autant de diagrammes visualisant petit à petit les résultats et en analyses pointues discutées dans les shows électoraux, est évidemment une autre histoire.

C'est le Gouvernement Flamand qui est responsable de l'organisation pratique des élections pour les collèges communaux et provinciaux. La totalité du projet prévoit 3 piliers : le vote digital, le traitement des résultats et la communication de ces résultats au grand public. Durant quelques heures, plusieurs programmes informatiques très complexes et conçus sur mesure doivent travailler de concert avec des bases de données constituées pour l'occasion. Ensuite, leur mission est définitivement accomplie. Lors des prochaines élections communales – dans 6 ans – la technologie aura évolué et l'exercice devra vraisemblablement repartir de zéro. En d'autres termes : tout le stress et toutes les tensions d'une période de 6 ans sont concentrés dans cet unique jour d'élection.

En sa qualité de partenaire du Gouvernement Flamand dans l'accompagnement de communication de crise, RCA était présent le week-end dernier. Dès le lever du soleil, le centre de crise du Gouvernement Flamand était sur le pied de guerre pour suivre et accompagner l'ouverture des bureaux de vote. Une imprimante défectueuse par ici, des problèmes de lecteurs de carte ou d'écran par là. Un helpdesk offrait par téléphone un soutien technique aux bureaux de vote, tandis que 350 spécialistes du pays tout entier étaient en stand-by pour remplacer tout appareil défectueux dans les 30 minutes. Dès la fermeture des bureaux de vote commença le processus de comptage et d'intégration. Les résultats de chacun des bureaux de vote furent compilés dans une base de données unique qui fut traduite en diagrammes et autres graphiques.

Au moment le plus crucial, nous étions presque 100 personnes à travailler dans le centre de crise, chacun(e) dans sa propre spécialité.

Je ne renie pas ma première situation de crise. Même si pour moi c'était aussi une toute nouvelle expérience, après des dizaines d'incendies d'entreprises, des centaines de grèves, de restructurations et de faillites, différents accidents aériens et accidents du travail, des empoisonnements alimentaires et autres menaces pour la santé publique. Avec les projets digitaux de grande envergure, les problèmes peuvent partir dans toutes les directions et c'est sûrement le cas pour les projets ponctuels. Quoique tout soit au préalable planifié, exécuté et testé dans les moindres détails, c'est toujours passionnant. Et c'était le cas dimanche. VRT, VTM, Belga et quelques journalistes de la presse écrite étaient sur place pour signaler la moindre anomalie ou le moindre petit grain de sable dans le déroulement des élections. Sans aucun doute le dimanche le plus long et peut-être le plus excitant que j'aie connu. Au moment le plus crucial, nous étions presque 100 personnes à travailler dans le centre de crise, chacun(e) dans sa propre spécialité. J'en ai surtout retiré une chose : la gigantesque préparation nécessaire à cette unique et palpitante journée ressemblait en bien des points à celle du lancement d'une fusée. Mais j'ai particulièrement été impressionné par l'enthousiasme et la qualité exceptionnelle des personnes du Gouvernement Flamand qui ont mené ce mégaprojet à son (bon) terme. Chapeau !

Jan Van der Cruysse
senior consultant

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